Sous l’impulsion de Marie Khone Faye, Première dame du Sénégal, plusieurs épouses de chefs d’État africains se sont réunies à Dakar pour porter un plaidoyer continental en faveur des femmes et des filles confrontées aux changements climatiques, aux conflits et aux inégalités économiques.
Le 14 octobre 2026, Dakar, la capitale sénégalaise, a accueilli la cérémonie d’ouverture de la rencontre de l’Organisation des Premières Dames d’Afrique pour le Développement (OPDAD). Organisé du 13 au 15 octobre à l’initiative de Marie Khone Faye, Première dame du Sénégal, cet événement a été marqué par le lancement officiel de la campagne continentale « Building Resilience », destinée à renforcer la résilience des femmes et des filles africaines face aux crises.
En accueillant ses homologues, Marie Khone Faye a rappelé une conviction fondamentale : « L’Afrique ne bâtira rien de durable sans les femmes et les filles. » Cette déclaration, rapportée par plusieurs médias sénégalais, résume l’ambition de cette initiative : faire de la participation des femmes une condition essentielle du développement durable du continent.
Une mobilisation qui dépasse les frontières
Plusieurs Premières dames ont répondu à l’invitation de leur homologue sénégalaise, notamment Fatima Maada Bio de Sierra Leone, Fatoumatta Bah-Barrow de Gambie, Zita Oligui Nguema du Gabon, Brigitte Touadéra de République centrafricaine, Angeline Ndayishimiye du Burundi et Débora Katisa Carvalho du Cap-Vert.
Leur présence traduit la volonté de renforcer la coopération entre les pays africains autour de préoccupations communes : l’éducation des filles, les violences, la précarité économique et les conséquences des catastrophes naturelles.
Les femmes africaines en première ligne face aux crises
Sur le continent, les changements climatiques ne constituent pas uniquement un problème environnemental. Ils touchent directement les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire, la santé et la scolarisation.
Dans son intervention, Marie Khone Faye a notamment évoqué les mères des banlieues sénégalaises confrontées aux inondations, les populations de Saint-Louis menacées par l’avancée de la mer et les femmes du Ferlo contraintes de parcourir de longues distances pour accéder à l’eau.
À ces difficultés s’ajoutent les déplacements provoqués par les conflits, la perte des revenus et les risques accrus de violences à l’égard des femmes et des filles.
Marie Khone Faye : de la solidarité aux initiatives concrètes
Au-delà du plaidoyer, la Première dame du Sénégal a présenté plusieurs initiatives menées dans son pays. À Kolda, des adolescentes bénéficient d’outils d’information sur la santé et l’hygiène menstruelle, accessibles même sans connexion Internet. À Fatick, des organisations féminines de transformation bénéficient d’un programme d’équipement. Dans la région de Ziguinchor, l’accompagnement des groupements de femmes porte notamment sur la formation, la transformation des produits locaux et l’accès aux ressources économiques.
À Thiès, la création d’une Maison des femmes a également été annoncée, avec l’objectif de favoriser la formation et l’accompagnement des initiatives féminines. Ces exemples montrent comment l’autonomisation peut se traduire en actions locales, même si leur portée et leurs résultats devront être évalués dans la durée.
Le soutien des institutions africaines
Présent à la cérémonie, le président Bassirou Diomaye Faye a salué l’action des Premières dames dans les domaines de la santé, de la protection sociale et de la défense des droits des femmes.
Il a également souligné leur capacité à porter des préoccupations sociales auprès des institutions et des décideurs politiques. Le chef de l’État a notamment rendu hommage à Fatima Maada Bio, présidente de l’OPDAD, pour son engagement contre le mariage des enfants.
Au-delà des discours, le défi des résultats
Si la rencontre de Dakar marque une mobilisation politique et sociale, une interrogation demeure : comment transformer les engagements exprimés en améliorations durables dans la vie quotidienne des Africaines ?
L’accès des femmes à la terre, au financement, à l’éducation, aux soins et aux responsabilités constitue un ensemble de défis qui ne peut être relevé par les seules déclarations d’intention. La réussite de cette campagne dépendra donc de sa traduction en programmes financés, accessibles et évaluables.
Pour les diasporas africaines, cette mobilisation ouvre également une perspective : celle d’une coopération renforcée entre les associations, les entrepreneures, les institutions et les communautés établies à l’étranger, au service de l’autonomisation des femmes sur le continent.
Car la résilience ne consiste pas seulement à survivre aux crises. Elle suppose aussi de disposer des moyens économiques, sociaux et politiques nécessaires pour construire son avenir.
Angelito BEST
